La Règle de S. Claire

graffa

image1Claire, qui aime se faire appeler «petite plante de Saint François», veut d’abord souligner que l’Ordre des Sœurs Pauvres est une fondation du séraphique Père: «c’est la forme de vie établie par Saint François». Elle ne croit pas avoir le droit de rédiger une nouvelle règle, mais elle prend celle que Saint François avait écrite pour les Frères mineurs: «la règle et la vie des frères mineurs est la suivante, c’est-à-dire observer le saint Évangile de notre Seigneur Jésus Christ, vivant dans l’obéissance, sans propriété et dans la chasteté», avec les adaptations nécessaires à la vie d’une fraternité d’isolement de femmes. «Règle et vie» fut la dénomination adoptée par Saint François. Forme de vie s’appela le premier projet de directives données par le Saint à la fraternité de Saint-Damien, et c’est le titre est conservé par Sainte Claire pour sa règle et approuvée par Innocent IV dans la bulle d’approbation.

 

image2Pour François et Claire, ce qui est important, c’est la vie. Et au service de la vie doivent être les prescriptions – un idéal que l’on découvre et l’on achète en le vivant – pour la diriger et en favoriser la croissance. Et cet état de conversion permanente dans lequel «le doux devient âmer et l’âmer doux», c’est justement ce qui constitue le contenu de la vie en pénitence.
Celle qui professe la règle de S. Claire doit se sentir obligée, par conséquent, plus que quiconque, à comparer constamment ses critères, ses sentiments, ses actions, avec la vie et les enseignements de Jésus.
L’originalité de François et Claire consiste à avoir fait du binôme pauvreté-fraternité le noyau de la vie évangélique. Pauvreté et fraternité sont dans tous les écrits de la Sainte comme deux éléments indissociables de la même vocation: celle d’«observer le saint Évangile de notre Seigneur Jésus Christ ».

 

image3Vie évangélique, ça veut dire vie alimentée dans l’amour.
Pour cette raison, la communauté franciscaine est une fraternité dans laquelle les sœurs doivent se sentir unies entre elles, comme sœurs spirituelles, par un amour plus grand que celui que la mère a pour sa fille, triomphant de tout égoïsme.
Claire «aimait les religieuses comme elle-même», «plaçait le bien des sœurs avant son propre et elle s’estimait inférieur à toutes».
Le programme évangélique est complétée par tout l’ensemble des exigences et des invitations que Jésus adresse à tous ceux qui veulent Le suivre de près et coopérer avec Lui dans la construction du Royaume; et dans la vie de consécration a comme expression concrète les trois qui par définition sont appelés conseils évangéliques.

image4Une vie dans l’obéissance est une attitude constante d’adhésion à la volonté salvatrice de Dieu et de disposition au service fraternel dans le mystère de l’obéissance rédemptrice de Christ.
Une vie dans la chasteté est l’attention permanente à garder le cœur libre et intact pour l’intimité divine et pour la donation aux frères.
Une vie dans la pauvreté nous conduit à nous identifier, en joyeuse expropriation, avec «la pauvreté et l’humilité de notre Seigneur Jésus Christ» et la réalité de toute existence qui souffre pénurie ou abandon.
François et Claire prennent comme règle la disposition exigée par Jésus dans l’Évangile à ceux qui veulent le suivre avec un engagement total: le détachement de toutes les choses terrestres et l’insécurité pour le Royaume; le groupe devait vivre le risque de la pauvreté volontaire sous l’amour providentiel du Père céleste, confiant en la bonne volonté des hommes.
Ce renoncement extérieur, cependant, ce n’est que le chemin pour arriver à l’expropriation intérieur, celle qui libère pour l’amour.

image5C’est toute une attitude existentielle de détachement et de «expropriation» intérieure, de communication fraternelle des biens de l’âme et du corps, les mettant au service du prochain.
François a vécu profondément convaincu de l’action du Saint-Esprit à chaque étape de sa vie, et pour cela, toute sa préoccupation était s’ouvrir avec docilité et disponibilité à sa «sainte opèration», attentif à tout signe de la volonté de Dieu dans son existence. Il avait la même foi dans la présence et l’action de l’Esprit en chaque frère, possible quand on s’ouvre au Seigneur «en priant toujours Lui avec un cœur pur».
«Par-dessus tout ils doivent désirer d’avoir l’esprit du Seigneur et sa sainte opération».

 

‘aimer «spirituellement» est le même que d’avoir mis en œuvre l’expropriation intérieure de soi-même, à la suite de Jésus pauvre et humble, jusqu’à devenir obéissants à l’esprit du Seigneur dans la simplicité et la pureté du cœur.
La fraternité formée par Saint François donna à partir du début la plus haute importance à la valeur de la prière communautaire. Sainte Claire ne pouvait qui suivre cet exemple.

image6La Liturgie des Heures, distribuée dans les différents moments de la journée, répond à l’attitude permanente de l’Église, qui offre le sacrifice de louange et de supplication à Dieu, le Père, en union avec le Christ son Époux.
La prière de Claire était une prière de foi. Comme la prière de Jésus, elle avait comme centre les intérêts du Père: sa gloire, son royaume, la conception de sa volonté et les besoins des hommes. Donc, c’est précieux le don du silence. Il y a un silence actif, dans lequel l’homme découvre soi-même, pénètre dans le pourquoi des choses et des événements, s’ouvre à la réalité de Dieu qui sonde les profondeurs de notre être et se manifeste dans l’intimité, porte fermée.

 

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